🎙️ INTERVIEW — JAMES DONER

JAMES DONER : DANS L’OMBRE, AU SERVICE DE LA PERFORMANCE DES JAUNE ET NOIR Préparateur physique de l’équipe première de l’AG Plouvorn pour sa deuxième saison, James Doner joue un rôle essentiel dans la préparation et la performance des joueurs. Entre développement athlétique, prévention des blessures et gestion de la récupération, il nous présente son parcours, sa méthode de travail et ses ambitions pour cette saison en jaune et noir. Peux-tu te présenter et nous expliquer ton parcours avant d’arriver à l’AG Plouvorn ? Bonjour, je m’appelle James Doner. Je suis actuellement préparateur physique à l’AG Plouvorn, mais également enseignant en activités physiques et sportives au collège Saint-Joseph de Plouescat et au lycée Saint-Esprit de Landivisiau. En parallèle, j’interviens auprès de l’association La Vie en Rose, où je propose des séances d’activité physique adaptée. Je dispense également des cours de coaching sportif. Avec ma femme, nous avons aussi un petit studio de sport à Morlaix, le Studio Vamos, où nous proposons différents cours et séances d’activités sportives, notamment autour de la course à pied. Concernant mon parcours dans le football, j’ai commencé comme joueur au Stade Morlaisien, avant de rejoindre Plourin-lès-Morlaix, où j’ai également eu l’occasion d’entraîner. J’ai ensuite été entraîneur pendant vingt ans au Léon Trégor et au Club Athlétique Morlaisien. J’ai poursuivi mon parcours au Stade Plabennecois, où j’ai encadré l’équipe réserve pendant deux saisons, avant de revenir sur Morlaix en tant que préparateur physique. En 2020, pendant la période du Covid, j’ai également eu la chance d’accompagner Christophe Kerbrat dans le domaine de la préparation physique. Aujourd’hui, je suis à l’AG Plouvorn, où j’entame ma deuxième saison en tant que préparateur physique. Quel est précisément ton rôle en tant que préparateur physique au sein de l’équipe première ? Comment se déroule une semaine type de préparation ? Mon rôle au sein de l’équipe première est double. Le premier objectif est d’amener chaque joueur à exploiter au maximum son potentiel athlétique, notamment en développant des qualités essentielles comme la force, la vitesse et les capacités aérobies. Le deuxième aspect, tout aussi important, concerne la prévention et la gestion des blessures. L’objectif est de limiter au maximum les risques, mais aussi d’accompagner les joueurs blessés pour leur permettre de retrouver le groupe le plus rapidement possible, dans les meilleures conditions. Nous avons généralement trois entraînements par semaine. Nous essayons de fonctionner par cycles, avec des semaines davantage orientées vers le travail de force, de vitesse ou d’aérobie, en alternance avec des semaines plus légères, où l’accent est mis sur la récupération. Bien évidemment, la préparation de début de saison est différente, avec un volume de travail physique plus conséquent afin de construire les bases athlétiques nécessaires pour tenir sur la durée du championnat. En début de saison, comment adaptes-tu le travail physique aux besoins du groupe et aux objectifs de l’équipe ? En début de saison, nous commençons généralement par une revue d’effectif afin d’évaluer les qualités physiques de chaque joueur. L’idée est d’identifier leurs points forts, mais aussi les domaines dans lesquels ils peuvent encore progresser. À partir de ces observations et des différents tests réalisés, nous mettons en place des groupes de travail adaptés aux besoins de chacun. L’objectif est d’individualiser au maximum la préparation physique, tout en conservant une dynamique collective. Nous tenons également compte des objectifs de l’équipe et des échéances sportives à venir. Le travail physique est donc organisé et ajusté en fonction des besoins du groupe et des matchs que nous devons préparer. Comment fais-tu pour gérer les différences physiques entre les joueurs, notamment entre ceux qui jouent beaucoup et ceux qui ont moins de temps de jeu ? La gestion des différences physiques entre les joueurs passe avant tout par l’échange et l’écoute. Je prends régulièrement le temps de discuter avec eux pour connaître leur ressenti après les matchs, leur état de fatigue et leur forme du moment. Cela me permet d’adapter au mieux les charges de travail aux besoins de chacun. Concernant les différences de temps de jeu, nous travaillons en concertation avec le coach. Pour les joueurs qui jouent moins régulièrement, nous pouvons notamment envisager de leur donner du temps de jeu avec l’équipe réserve afin qu’ils conservent le rythme de la compétition et maintiennent leur condition physique. Il y a également un travail d’accompagnement en dehors des entraînements collectifs. Certains joueurs peuvent être absents pendant une semaine pour des raisons personnelles ou professionnelles. Dans ce cas, je leur transmets un programme individualisé pour qu’ils puissent continuer à s’entretenir physiquement et rester au plus près des exigences du groupe. L’objectif est que chaque joueur, quel que soit son temps de jeu ou ses disponibilités, reste physiquement prêt à apporter sa contribution à l’équipe lorsqu’on fait appel à lui. Avec l’enchaînement des matchs et des entraînements, comment travailles-tu sur la récupération et la prévention des blessures ? Avec l’enchaînement des matchs et des entraînements, ainsi que les changements de surfaces entre les terrains synthétiques et les terrains en herbe, la récupération et la prévention des blessures occupent une place importante dans notre travail. Nous avons notamment mis en place un groupe d’échange avec les joueurs, sur lequel je partage régulièrement des fiches et des exercices spécifiques de prévention, notamment pour les ischio-jambiers, les pubalgies ou encore les étirements. L’idée est que chacun puisse également prendre soin de son corps en dehors des séances collectives. Nous échangeons régulièrement avec le coach pour adapter les charges de travail. Lorsqu’une semaine doit être davantage consacrée à la récupération, nous allégeons les séances. De la même manière, si un joueur ressent le besoin de souffler ou présente des signes de fatigue, nous pouvons adapter son entraînement afin de le préserver au maximum. Bien évidemment, le risque zéro n’existe pas et nous essayons de faire au mieux avec les moyens dont nous disposons. Pour le moment, le bilan athlétique de ce début de saison reste plutôt positif, malgré la blessure de Théo à l’épaule sur un fait de jeu et, plus récemment, le problème aux ischio-jambiers rencontré par Sacha. Dans l’ensemble, nous arrivons à bien gérer les choses. Nous avons surtout la chance de pouvoir travailler dans un climat de confiance, aussi bien avec les joueurs qu’avec l’ensemble du staff. C’est un élément essentiel pour assurer un bon suivi et avancer tous ensemble dans la même direction. Le travail physique est parfois moins visible que le travail tactique ou technique. Comment expliques-tu son importance dans les performances d’une équipe sur toute une saison ? Effectivement, le travail physique est parfois moins visible que les aspects tactiques ou techniques, mais il reste essentiel dans la performance d’une équipe. L’un des objectifs principaux est de permettre aux joueurs de répéter un maximum d’efforts à très haute intensité, le plus souvent possible et tout au long d’un match. C’est une qualité indispensable dans le football actuel. Une bonne condition physique permet également de limiter les déchets techniques. Lorsqu’un joueur est moins fatigué, il conserve davantage de lucidité, de calme et de précision dans ses choix et ses gestes. Le physique joue donc aussi un rôle important dans la qualité du jeu. C’est d’ailleurs un point positif que nous observons au sein de notre équipe depuis le début de saison. Nous sommes capables de maintenir une intensité élevée pendant une grande partie des rencontres, voire jusqu’au bout des matchs. Nous avons quelques matchs références qui illustrent bien cela, notamment notre rencontre contre les Paotred Dispount ou encore celle face au COB, où nous avons réussi à nous imposer malgré notre infériorité numérique, à dix contre onze. Je pense que notre bonne condition physique contribue à ces résultats. Sur l’ensemble d’une saison, c’est un élément important pour rester compétitifs, enchaîner les rencontres et être capables de faire la différence dans les moments clés. Comment décrirais-tu l’état physique du groupe depuis le début de saison ? Quels sont les axes de progression pour les prochaines semaines ? L’état physique du groupe depuis le début de saison est plutôt bon, je dirais même très bon ! Nous avons la chance d’avoir un groupe qui travaille, qui est volontaire et qui s’investit pleinement dans les séances. C’est vraiment agréable de travailler avec des joueurs qui ont cet état d’esprit. Concernant les axes de progression, le premier objectif sera de maintenir notre niveau athlétique actuel sur la durée. Bien évidemment, il y a toujours des possibilités de progresser et nous allons continuer à travailler dans ce sens. J’aimerais notamment insister sur le travail individuel en autonomie. Cela passe par de petites routines de proprioception, de renforcement musculaire ou encore de prévention, que les joueurs commencent déjà à intégrer en dehors des entraînements collectifs. L’idée est de les rendre progressivement plus autonomes dans la gestion de leur condition physique. En tout cas, le bilan est très positif pour le moment. Si nous arrivons à conserver cette qualité athlétique et cet investissement tout au long de la saison, ce sera déjà une très belle réussite ! Pour terminer, qu’est-ce qui te plaît le plus dans ton rôle à l’AG Plouvorn et comment vois-tu la suite de la saison en jaune et noir ? Ce qui me plaît le plus dans mon rôle à l’AG Plouvorn, c’est avant tout la gestion du groupe, mais aussi la très bonne entente avec les coachs, Fabrice et Gaëtan. Je trouve que nous travaillons vraiment bien ensemble, avec beaucoup d’échanges et surtout une confiance mutuelle dans les choix de chacun. Fabrice me laisse notamment carte blanche sur la préparation physique, et c’est très agréable de pouvoir travailler dans ces conditions, avec cette liberté et cette confiance. Concernant la suite de la saison en jaune et noir, l’objectif est simple : aller chercher le maximum de victoires possible ! Comme beaucoup, j’aime la compétition et je n’aime pas perdre. Nous avons un groupe de qualité, avec un très bon état d’esprit, et je pense que c’est l’une de nos grandes forces. L’essentiel sera de conserver cette solidarité, cette envie de travailler ensemble et cette mentalité tout au long de la saison. En espérant encore beaucoup de belles victoires sous les couleurs jaune et noir !

🎙️ INTERVIEW —  JAMES DONER